Le mot du président

Intervenant de Son d’unité, Joachim Crochemore travaille
depuis plusieurs années à diffuser les musiques afro-cubaine
et la rumba en France.
Interview.

Joachim Crochemore, comment vous êtes-vous intéressé à la rumba et aux musiques afro-cubaines ?

C’est un parcours musical et professionnel : j’enseigne la musique, et plus particulièrement la trompette, depuis 2001. J’ai commencé à chanter la salsa en 2004 et mon intérêt pour les musiques afro-cubaines est allé crescendo depuis lors.
S’ajoute une dimension personnelle, avec un voyage à Cuba en 2007, au cours duquel j’ai découvert la rumba. C’est en déambulant dans les quartiers populaires de La Havane, Jesus-y-Maria et Atarès, que j’ai rencontré cette musique, qui est aussi une manière de vivre, un art de vivre fondé sur la rencontre et l’échange.

C’est donc d’une rencontre qu’est née cette passion pour la rumba ?

Joachim CrochemoreLa musique, par définition, c’est une rencontre, un échange : échange entre le musicien et l’auditeur, échange entre les musiciens… La rumba, c’est cette logique de l’échange et de la rencontre élevée au niveau d’un art de vivre. C’est en rencontrant deux personnalités très fortes de la rumba cubaine, Sandalio Crespo « Macho » et Pachi, lors de mes voyages suivants à Cuba, en 2009 et 2011, et en me formant auprès d’eux, que cette musique m’a entraîné et que je travaille à la diffuser depuis en France avec l’association Son d’unité.

C’est ça la vocation de Son d’unité : diffuser les musiques afro-cubaines ?

Son d’unité mêle deux vocations : une vocation musicale et une vocation pédagogique.
Vocation musicale puisque Son d’unité produit des groupes de rumba, comme RumbaKa, et vocation pédagogique avec les actions de formation en milieu scolaire ou dans les centres de loisirs.
Ces deux vocations se concrétisent particulièrement dans l’important travail d’adaptation que nous effectuons : il s’agit d’adapter les rythmes de la rumba de façon à la diffuser auprès d’un public jeune qui ne la connaît pas, tout en préservant l’authenticité de cette musique.

Concrètement, comment cette adaptation s’opère-t-elle ?

Tout part de la clave, ces petits bâtons que l’on tape et qui marquent le rythme de base. À partir de la clave, nous créons une rumba miniature avec quelques instruments pour les classes primaires par exemple. Nous composons des paroles en français avec les élèves, quelques mots d’espagnol, éventuellement, afin de créer la rumba de la classe, ou encore une rumba de Noël. Cette technique pédagogique permet d’impliquer les élèves dans travail de création en commun, elle permet de faire circuler la parole et le chant. Nous n’importons pas un modèle musical tout fait, nous participons à son inculturation à un petit niveau, celui de la classe, de manière à ce que les élèves se l’approprient complètement. Cette façon de faire sienne une musique pour faire naître son propre langage, c’est d’ailleurs l’identité même de la rumba…

Rumba de la classe

On sent, à vous entendre, que ce travail pédagogique est aussi une passion…

Oui, pour moi, c’est vraiment un plaisir, une joie, de diffuser cette musique auprès des plus jeunes, le travail pédagogique m’apporte énormément. Enseignant, pédagogue, je suis en fait toujours en train d’apprendre, de découvrir de nouvelles richesses auprès des autres, avec les élèves. Effectuer ce travail d’adaptation permet en même temps de me développer en tant que musicien de rumba, de salsa, de trompettiste et de chanteur…

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